Une simple friandise noire ou une banale tisane digestive peut vous conduire directement aux urgences cardiologiques. Le lien critique entre réglisse et tension est massivement ignoré par les consommateurs, persuadés d’opter pour une alternative naturelle inoffensive. Pourtant, la recherche clinique la plus récente prouve qu’une dose quotidienne infime suffit à saturer vos récepteurs hormonaux et à faire grimper votre pression artérielle. Découvrez comment cette racine traditionnelle trompe votre organisme et quelles alternatives sécurisées existent pour votre santé intestinale.
- L’acide glycyrrhizique contenu dans la réglisse provoque une rétention de sodium et une hausse rapide de la tension artérielle.
- Une étude de 2024 démontre que seulement 100 mg par jour suffisent à perturber le système cardiovasculaire en deux semaines.
- La réglisse interagit dangereusement avec les diurétiques, les traitements antihypertenseurs et les anticoagulants.
- Optez pour la réglisse déglycyrrhizinée (DGL) pour profiter des bienfaits digestifs sans aucun risque pour votre cœur.
La double identité de la réglisse : de la plante au danger cardiovasculaire

La Glycyrrhiza glabra, plante originaire d’Europe du Sud et d’Asie, est utilisée depuis l’Antiquité pour ses vertus expectorantes et digestives. Son composant actif principal, la glycyrrhizine, possède un pouvoir édulcorant impressionnant, mesuré à 50 fois celui du sucre classique. Cette puissance aromatique explique sa présence massive dans les bonbons, les compléments alimentaires et les infusions.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a longtemps suggéré qu’une limite de 100 mg d’acide glycyrrhizique par jour restait sûre. Cela correspond approximativement à une consommation de 60 à 70 grammes de bonbons à la réglisse noire. Cependant, cette apparente sécurité cache des risques d’hypertension artérielle majeurs qui échappent souvent au radar des professionnels de santé.
Recherche
L’étude suédoise qui change la donne
Une étude randomisée croisée publiée en 2024 par l’Université de Linköping remet en cause les limites de sécurité officielles. En testant rigoureusement une dose de seulement 100 mg par jour, les chercheurs ont observé des altérations hormonales significatives en seulement 14 jours.
La difficulté réside dans l’opacité des étiquetages commerciaux. Il est quasiment impossible pour le consommateur de connaître la quantité exacte d’acide glycyrrhizique présente dans ses produits quotidiens. Cette incertitude rend la prévention complexe et nécessite une vigilance accrue lors du choix de vos produits de phytothérapie.
Le mécanisme biologique : pourquoi la réglisse fait-elle monter la pression ?
L’impact de l’association réglisse et tension repose sur un mécanisme de blocage enzymatique précis. Les métabolites actifs de la plante inhibent violemment l’enzyme 11β-HSD2. Cette enzyme est normalement chargée de convertir le cortisol actif en cortisone inactive au niveau des reins, protégeant ainsi vos récepteurs minéralocorticoïdes.

Sans cette protection enzymatique, le cortisol sature vos récepteurs et imite l’action de l’aldostérone. Ce phénomène médical, appelé pseudohyperaldostéronisme, déclenche une cascade de réactions délétères. Votre corps se met à retenir massivement le sodium et l’eau, tout en expulsant dangereusement votre potassium urinaire.
Définition
Le Pseudohyperaldostéronisme expliqué
Il s’agit d’un faux excès d’aldostérone. La réglisse trompe les reins en utilisant le cortisol sanguin pour forcer la rétention de sel, ce qui augmente mécaniquement le volume sanguin et la pression artérielle.
Les résultats cliniques sont frappants. En consommant seulement 3,3 grammes de réglisse pure par jour, l’étude de The American Journal of Clinical Nutrition a révélé une chute vertigineuse de l’aldostérone de 45,1 % et de la rénine de 30 %. Simultanément, la pression systolique des participants a augmenté de 3,1 mm Hg en moyenne.
Ce bouleversement électrolytique explique pourquoi la consommation de cette racine doit être traitée avec la même prudence que la prise de modulateurs naturels du cortisol puissants. L’effet est particulièrement marqué chez les femmes et les personnes âgées, dont la sensibilité vasculaire est accrue.
Les dangers critiques : de la simple rétention d’eau à l’arrêt cardiaque
L’hypokaliémie (baisse sévère du potassium dans le sang) induite par la réglisse n’est pas un effet secondaire anodin. Elle peut provoquer une fatigue intense, des maux de tête chroniques et des œdèmes invalidants. Dans les cas plus avancés, elle engendre une faiblesse musculaire extrême pouvant aller jusqu’à la paralysie flasque.
Le risque majeur concerne le rythme cardiaque. Le Dr Christopher Newton-Cheh, cardiologue au Massachusetts General Hospital, a rapporté en 2019 dans le New England Journal of Medicine le cas tragique d’un patient décédé d’un arrêt cardiaque. Son taux de potassium avait chuté de moitié suite au remplacement de ses bonbons habituels par de la réglisse noire.
« La consommation excessive de réglisse peut provoquer des complications constituant une menace aiguë pour le pronostic vital, principalement par des arythmies liées à l’effondrement du potassium. »
Dr Christopher Newton-Cheh, Harvard Medical School (2019)
La Food and Drug Administration (FDA) prévient explicitement les consommateurs de plus de 40 ans : l’ingestion quotidienne de 56 gde réglisse noire pendant deux semaines suffit à provoquer une arythmie nécessitant une hospitalisation en urgence.
Urgent
Signes cliniques à ne jamais ignorer
- Gonflement soudain des chevilles ou des jambes (œdème).
- Faiblesse musculaire inexpliquée ou crampes intenses.
- Palpitations ou sensation de battements cardiaques irréguliers.
Il est essentiel de comprendre que ces dangers spécifiques de la racine sont particulièrement redoutables car ils s’installent de manière silencieuse. Le quart des patients les plus sensibles à la glycyrrhizine présentent également une élévation du NT-proBNP, un marqueur sanguin indiquant une souffrance directe du muscle cardiaque.
Contre-indications strictes et interactions médicamenteuses
La puissance minéralocorticoïde de la réglisse provoque des interactions pharmacologiques complexes. L’association avec des diurétiques (comme les thiazidiques) est particulièrement dangereuse, car ces médicaments accentuent la fuite urinaire de potassium déjà provoquée par la racine, créant un déficit électrolytique foudroyant.
Les patients sous digoxine doivent observer une éviction totale de la réglisse. La baisse du potassium sanguin augmente mécaniquement la sensibilité à la digitaline, multipliant les risques de toxicité cardiaque fatale. De même, les traitements antihypertenseurs comme l’aldactone voient leur efficacité totalement neutralisée par la glycyrrhizine.
Contre-indication
Populations à risque absolu
La réglisse contenant de la glycyrrhizine est formellement interdite en cas d’insuffisance rénale, d’hypertension artérielle existante, de cirrhose hépatique, et de grossesse (risque de troubles cognitifs chez l’enfant démontré par une étude finlandaise de 2009).
Les interactions s’étendent également aux anticoagulants. La consommation régulière peut altérer le métabolisme de la warfarine et diminuer drastiquement son pouvoir fluidifiant. De telles interactions neuro-hormonales exigent un dialogue transparent avec votre médecin traitant.
L’alternative sécurisée : La réglisse déglycyrrhizinée (DGL)
Si la racine naturelle pose problème, comment profiter de ses remarquables bienfaits anti-inflammatoires pour l’estomac ? La solution scientifique s’appelle la réglisse déglycyrrhizinée (DGL). Ce procédé d’extraction sélectif retire spécifiquement l’acide glycyrrhizique responsable des hausses de tension artérielle.

Un extrait DGL de haute qualité conserve ses flavonoïdes apaisants. Il favorise la production de mucus protecteur dans la paroi gastrique, offrant un soulagement naturel contre les brûlures d’estomac et les reflux acides, sans le moindre impact sur l’axe rénine-aldostérone de vos reins.
Conseil d’expert
Déchiffrez vos étiquettes de confiseries
Beaucoup de bonbons à la réglisse (notamment la réglisse rouge) utilisent de l’huile d’anis pour imiter le goût, sans contenir de véritable racine. L’anis ne modifie pas la tension artérielle, mais reste très riche en sucres ajoutés.
Soyez particulièrement vigilants avec les infusions. Une enquête a révélé qu’une tasse moyenne de 250 ml de tisane à la réglisse peut contenir environ 31 mg de glycyrrhizine. Boire trois tasses par jour suffit pour frôler la zone de danger cardiovasculaire mise en évidence par les chercheurs suédois.
L’hypertension induite par cette plante n’est heureusement pas permanente. L’arrêt total de la consommation permet généralement un retour à la normale des taux de sodium, de potassium et de la tension artérielle en quelques semaines. Si vous souhaitez bien choisir vos compléments pour la digestion, exigez systématiquement la mention « DGL » sur le flacon et faites vérifier votre électrocardiogramme au moindre doute clinique.
Données & Statistiques Clés
- Une consommation quotidienne de 100 mg d’acide glycyrrhizique augmente la tension systolique de 3,1 mm Hg en moyenne (Source 1).
- La réglisse peut réduire les niveaux d’aldostérone de 45,1% et de rénine de 30% en deux semaines (Source 1).
- L’acide glycyrrhizique est 50 fois plus sucré que le sucre de table (Source 2).
- La limite de sécurité suggérée par l’OMS est de 100 mg/jour, ce qui équivaut environ à 60-70g de bonbons à la réglisse noire (Source 3).
Questions fréquentes
Puis-je manger de la réglisse si j’ai de l’hypertension ?
L’association réglisse et tension artérielle est formellement contre-indiquée si vous souffrez déjà d’hypertension. L’acide glycyrrhizique présent dans la racine force vos reins à retenir le sel et l’eau, tout en éliminant le potassium. Ce mécanisme augmente mécaniquement le volume sanguin et aggrave votre pression artérielle, même si vous consommez de très petites doses sous forme de tisanes ou de compléments.
Quels médicaments ne doivent pas être pris avec de la réglisse ?
La réglisse interagit très dangereusement avec de nombreux traitements. Il faut absolument l’éviter si vous prenez des diurétiques (risque de perte massive de potassium), de la digoxine (toxicité cardiaque grave due au manque de potassium), de la warfarine (perte d’efficacité de l’anticoagulant) ou des médicaments hypotenseurs comme l’aldactone, dont la glycyrrhizine annule purement et simplement les effets protecteurs.
Combien de temps faut-il pour que la réglisse augmente la tension ?
L’impact sur votre système cardiovasculaire est extrêmement rapide. Une étude clinique suédoise de 2024 a prouvé qu’une consommation quotidienne de seulement 100 mg d’acide glycyrrhizique suffit à faire grimper significativement la tension artérielle systolique et à effondrer les niveaux d’aldostérone en seulement 14 jours de prise continue.
La réglisse rouge fait-elle aussi monter la tension ?
Généralement non, la réglisse rouge ne présente pas de danger pour la tension artérielle. La majorité de ces confiseries industrielles sont aromatisées artificiellement aux fruits ou à l’huile d’anis. Elles sont totalement dépourvues de véritable extrait de Glycyrrhiza glabra. Le danger réside exclusivement dans la réglisse noire authentique, riche en acide glycyrrhizique, bien que les versions rouges restent très problématiques pour leur teneur extrême en sucre.
La réglisse en tisane est-elle dangereuse pour la tension ?
Oui, les infusions à base de véritable racine de réglisse peuvent faire monter la tension artérielle. Une tasse de 250 ml contient en moyenne 31 mg d’acide glycyrrhizique. Boire trois tasses par jour vous approche dangereusement du seuil de toxicité cardiovasculaire de 100 mg, risquant de déclencher des œdèmes et des arythmies.
Qu’est-ce que la réglisse DGL et a-t-elle un impact sur la tension ?
La DGL désigne une réglisse « déglycyrrhizinée ». C’est un complément alimentaire dont on a chimiquement retiré l’acide glycyrrhizique. Cette forme est totalement sûre pour la tension artérielle. Elle permet de profiter des bienfaits anti-inflammatoires de la plante sur la muqueuse de l’estomac sans risquer l’hypertension ou la fuite de potassium.
Sources
Sources principales
- Health Encyclopedia – Licorice Root (www.urmc.rochester.edu)
- Liquorice – All sorts of side effects and interactions (www.medsafe.govt.nz)
- A low dose of daily licorice intake affects renin, aldosterone, and home blood pressure in a randomized crossover trial (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

